| Le toponyme de « Ferrière
» est assez répandu en France et provient du latin «
ferrum » qui signifie « fer ». En général,
ce nom de lieu indique qu’on y exploitait le minerai de fer dans
de petites unités métallurgiques installées au bord
de cours d’eau et de forêts (pour le bois de chauffage).
Les monstres sidérurgiques des multinationales de l’acier
nous ont fait oublier la vieille dimension locale et modeste de ce type
d’industrie. Petit était le site, « petite »
sera « ferrière » et ce, dés l’époque
mérovingienne.
C’est en 1718, pour des raisons économiques, que Gilles GIBON,
maître-potier à Bouffioulx (Belgique), s’installe à
Ferrière la Petite. Il dévoile alors aux ferrièrois
le secret du grès bleu au sel.
En 1798, Charles de Bousies, lance une nouvelle activité la faïencerie.
Tout va son petit bonhomme de chemin jusqu’au milieu du XIX siècle,
époque à laquelle l’activité potière
baisse face à la montée en puissance de la concurrence industrielle
étrangère. La dernière des douze poteries ferme ses
portes en 1957.
Le « Musée de la Faïence et de la Poterie », qui
a su préserver un magnifique four « bouteille » classé
monument historique, s’est orienté en 2005 vers une fête
de terroir afin de mieux faire connaître ce riche patrimoine céramique,
historique et culturel dont Ferrière La Petite est l’héritière
: la « Fête de la terre » est née.
La « Fête de la terre » vise à faire découvrir
ou redécouvrir l’artisanat céramique de la région
à travers la production de grès salé qui était
implantée à Ferrière la Petite mais aussi à
Sars-Poteries et partout où les besoins s’en faisaient sentir.
En effet, le grès salé ne présente aucune porosité
ce qui à l’époque lui permettait d’être
utilisé pour conserver les aliments (les célèbres
saloirs pour la viande de cochon ou la choucroute, les « telles
» pour la crème …) ou les boissons (les cruches, les
« crapauds » …).
Mais à côté de ces objets de base indispensables,
la vaisselle en faïence a su également se faire une place
grâce au niveau de vie qui progressait régulièrement.
Les assiettes, les plats, les soupières de la faïencerie de
Ferrière sont maintenant très recherchés par les
collectionneurs du fait de la finesse de leurs décors.
Au-delà de la mise en valeur de ce patrimoine inestimable, le Fête
de la terre fait la part belle aux potiers actuels qui font valser la
motte de terre sous les yeux émerveillés des spectateurs.
Un « village de potiers » regroupant des professionnels de
la céramique permet de découvrir les productions contemporaines,
un lieu d’exposition assez unique en France.
Cette fête est l’occasion aussi de découvrir des techniques
exotiques ou très anciennes comme celle de la cuisson « raku
» ou celles des cuissons primitives.
Ainsi les deux éléments à l’origine de la fondation
de ce village du Val de Sambre, le feu et la terre, se retrouvent dans
une grande manifestation populaire.
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